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Marek Janowski (2005 à 2012)
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La direction artistique de Maestro Marek Janowski aura permis à l’OSR de renforcer sa présence dans les grandes capitales musicales européennes, particulièrement dans les pays de l’Est avec Budapest, Varsovie, puis pour la première fois Ljubljana, Bucarest, Saint-Petersbourg, Moscou, Rome, Milan, Sao Paulo et Buenos-Aires. Sous sa direction, l’Orchestre aura enregistré 13 disques pour la firme PentaTone, dont l’intégrale des symphonies d’Anton Bruckner, saluée par la critique internationale.

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Pinchas Steinberg (2002 à 2005)
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S'il a été de courte durée, le mandat de Pinchas Steinberg laissera le souvenir d'un chef dont les compétences et exigences techniques et musicales, unanimement reconnues, auront été des plus profitables à l'OSR, ainsi que l'ont démontré certaines exécutions, particulièrement brillantes, des saisons de 2002 à 2005. Sous sa baguette, l’OSR multiplie ses visites en Europe (Berlin, Amsterdam, Madrid). En 2003 et 2004, Pinchas Steinberg amène, pour la première fois, l’OSR aux Chorégies d’Orange.
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Fabio Luisi (1997 à 2002)
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Jeune chef en pleine ascension, Fabio Luisi tient fermement les rênes de l'OSR, au gré d'une programmation très diversifiée. Avec l’Orchestre, il dirige deux opéras, dans la fosse du Grand Théâtre de Genève (Nabucco en 1994 et Tosca en 2001), et enregistre deux opéras de Verdi (Jéruzalem, Alzira), chez Philips ainsi que l’intégrale des symphonies d’Arthur Honegger, pour la Radio Suisse Romande–Espace2. Sous sa baguette, l’OSR rayonne sur son territoire et entame une reconquête des villes européennes: ils participent, avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne, à la fête des Vignerons en 1999, et retournent au Japon ainsi qu’au Musikverein de Vienne.
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Armin Jordan (1985 à 1997)
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La nomination d'Armin Jordan à la tête de l'Orchestre de la Suisse Romande est une sorte de retour aux sources. Jordan ressemblait en effet a plus d'un titre au fondateur de l'OSR. Ce n'est pas seulement par la même nationalité que les deux hommes peuvent être rapprochés, mais plutôt par l'universalité de leurs talents. A l'instar d'Ansermet, Armin Jordan se mouvait avec une même aisance dans des répertoires fort différents, allant des œuvres de Haydn à la musique française du début du siècle dernier, en passant par la musique viennoise et tous les grands opéras du répertoire. Armin Jordan vouait l'essentiel de sa vie et de son temps à son orchestre, et c’est avec lui que l’OSR a enregistré la majorité de ses disques.
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Horst Stein (1980 à 1985)
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Spécialiste de la musique romantique allemande, Horst Stein continue sur la voie tracée par Wolfgang Sawallisch mais opte également pour un répertoire plus nordique (Sibelius, Chostakovitch). Il s'illustre notamment par de belles soirées au Grand Théâtre de Genève, dirigeant Les Maîtres Chanteurs et une production très remarquée de Parsifal, dans une mise en scène de Rolf Liebermann. Il laisse aussi le souvenir d’une mémorable exécution de La Turangalîlâ-Symphonie de Messiaen. En 1985, il quitte l'OSR pour assumer une fonction analogue en Allemagne.
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Wolfgang Sawallisch (1970 à 1980)
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Ce prince de la direction d'orchestre est un des plus grands chefs d'orchestre actuels. Occupé par de multiples activités dans le monde entier, Wolfgang Sawallisch prend cependant très à cœur son rôle de directeur artistique de l'OSR. Sous son impulsion, l'orchestre agrandit considérablement son répertoire pour l'étendre à Mahler et à Bruckner, compositeurs peu entendus jusqu'alors en Suisse romande. Wolfgang Sawallisch restera un des chefs invités les plus aimés des musiciens et du public romands.
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Paul Klecki (1967 à 1970)
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Ce chef d'orchestre d'origine polonaise, issu de la tradition d’interprétation romantico-germanique, s'est fixé en Suisse dès la fin de la guerre. En 1967, Ansermet lui demande de reprendre la direction de l'OSR. Succession difficile, aggravée par la mort d'Ansermet moins de deux ans plus tard. L'OSR vivra pendant trois ans une sorte d'«inter-règne», ayant beaucoup de peine à oublier l'emprise de son chef défunt, mas conservant malgré tout, au concert comme au disque (Lutoslowski, Hindemith), son niveau d’excellence, Paul Klecki quitte son poste en 1970, et meurt trois ans plus tard.
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Ernest Ansermet (1918 à 1967)
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Pour les mélomanes et les discophiles du monde entier, le nom d'Ernest Ansermet est inséparable de celui de l'Orchestre de la Suisse Romande. C'est en effet avec cet ensemble qu'il fit la majeure partie de sa prodigieuse carrière. Homme modeste, probe, intransigeant, têtu, ennemi de tout vedettariat, Ansermet est cependant devenu l'un des plus grands chefs d'orchestre de notre siècle.
Pendant plusieurs années, Ernest Ansermet mène de front la musique et les mathématiques, allant jusqu'à enseigner ces dernières. Mais son amour pour la musique est le plus fort. Après un long séjour à Paris, il décide de se consacrer à la musique et fait ses premières armes de chef d'orchestre à Lausanne. Une succession de hasards favorise alors très vite cette carrière naissante, propulsant le jeune chef sur le devant de la scène internationale.
Alors qu'il vient d'être nommé chef de l'Orchestre du Kursaal de Montreux, il rencontre, par un beau jour de 1913, Igor Stravinski, qui deviendra très vite un de ses meilleurs amis. Toute sa vie artistique future va naître de cette rencontre. C'est sur le conseil de Stravinski que Diaghilev engage Ansermet pour devenir le chef d'orchestre de sa fameuse compagnie des Ballets Russes. Jouant sur deux tableaux, il accepte également de reprendre la direction des «Concerts d'abonnement» de Genève. En 1916, il entreprend une gigantesque tournée aux Etats-Unis avec les Ballets Russes.
Absorbant du jour au lendemain un répertoire difficile et considérable, Ansermet dirige 105 spectacles en 105 jours! L'immense succès des Ballets Russes impose son nom en une suite ininterrompue de succès. En 1918, Ansermet crée L'Histoire du Soldat, en 1920, Le Chant du Rossignol et Pulcinella de Stravinski.
Mais il dirige d'autres créations dont les plus célèbres sont Parade d'Erik Satie (1917), Le Tricorne de Falla (1919), Chout de Prokofiev (1923), Capriccio pour piano (1929) de Stravinski. Il cumule le travail de trois chefs d'orchestre: outre son activité aux Ballets Russes, il a fondé l'Orchestre de la Suisse Romande dont il assure la direction musicale et la gestion administrative, ainsi qu'une fonction identique à Buenos Aires, où on l'a prié de fonder de toutes pièces un orchestre national argentin. Sa notoriété grandissante lui ouvre toutes les portes des grandes capitales. Refusant des offres très alléchantes, Ansermet poursuit inlassablement sa tâche dans son pays, voulant doter la Suisse romande d'une vie musicale digne des plus grandes capitales.
En dehors de ses activités avec l'OSR, Ernest Ansermet n'en poursuivait pas moins une brillante carrière. Citons quelques événements saillants, comme la création du Festival de Lucerne. C'est dans l'intention de procurer du travail aux musiciens de l'OSR durant l'été qu'Ansermet pense à organiser un festival. Il trouve facilement des appuis à Lucerne et les premiers concerts ont lieu avec succès en 1937. L'année suivante, le Festival de Lucerne prend vraiment son envol avec la venue de Toscanini.
En 1939, Lucerne reçoit Toscanini, Busch et Bruno Walter, qui fuient le régime nazi prévalant alors au Festival de Salzbourg. Après la guerre, Ansermet crée Le Viol de Lucrèce de Benjamin Britten, le 2 juillet 1946, au Festival de Glyndebourne, avec Kathleen Ferrier et Peter Pears. Britten est un des compositeurs de l'après-guerre les plus joués par Ansermet, qui lui vouait une très grande admiration.
Deux ans plus tard, Ansermet est appelé à la Scala de Milan pour diriger une autre création, celle de La Messe de Stravinski. Malgré le différend qui opposait alors les deux hommes, Ansermet accepte de diriger cette œuvre nouvelle, empreinte d'une austérité robuste, inspirée des grandes œuvres de l'Ars Nova.
Au début des années cinquante, la carrière d'Ansermet prend une dimension internationale. L'Amérique le demande très souvent. En 1951, il dirige vingt et un concerts à la tête de l'Orchestre symphonique de Boston, remplaçant Charles Münch malade. Dans le Boston Sunday Post du 23 décembre 1951, il est encensé par la critique, qui le préfère à Toscanini.
Si le nom d'Ansermet est souvent associé à ceux de Stravinski, Debussy ou Ravel, il faut également citer celui de Frank Martin. Ce grand musicien suisse représentait aux yeux d'Ansermet un des compositeurs majeurs de notre temps. En 1956, il crée La Tempête de Frank Martin, à l'opéra de Vienne, devant des musiciens comme Bruno Walter et Karajan, dans le cadre des «Musikfestwochen».
Dans les années soixante, Ernest Ansermet dirige de plus en plus les classiques. Il enregistre les neuf symphonies de Beethoven, celles de Brahms ainsi que Le Requiem allemand du même compositeur. Connu dans le monde entier pour ses interprétations de la musique du XXe siècle, Ansermet souffre d'une méconnaissance du public pour ce qui concerne son approche des classiques. Il faudrait réécouter aujourd'hui ces enregistrements sans a priori pour constater avec quel bonheur Ansermet abordait ces pages si connues. Sa vision de Beethoven est débarrassée de tout le romantisme dont on l'encombre si souvent et sa vision nous livre toute la nouveauté du langage beethovénien. Ses interprétations des symphonies de Brahms (unanimement saluées par la critique internationale) sont empreintes d'une générosité et d'une lumière toutes latines, nous rappelant l'universalité du grand compositeur allemand.
La définition de l'art d'Ansermet pourrait être celle de «poète de l'exactitude». Ses interprétations sont en effet toutes marquées par une précision minutieuse et par la recherche du « sentiment juste ». Pour Ansermet, l'analyse ne tue jamais la vérité de l'expression musicale. L'équilibre, la précision, la beauté du style et la chaleur de l'exécution sont les clefs des interprétations d'Ansermet, et c'est pour cela que son art nous touche.
Dès la fin de la guerre, Ernest Ansermet est préoccupé par les nouvelles tendances de la création musicale contemporaine. Avec une ardeur semblable à celle qu'il avait mise à défendre les compositeurs de sa génération, il part en guerre pour pourfendre les adeptes du langage dodécaphonique, multipliant conférences et articles incendiaires. Désirant préciser sa pensée, il met quinze ans pour mener à bien la rédaction de sa vaste réflexion philosophique : «Les fondements de la musique dans la conscience humaine», livre ouvrant un champ d'investigations quasi illimité. Cet ouvrage parait en 1961, mais il se heurte au mur du silence et de l'incompréhension. Cette monumentale étude phénoménologique venait sans doute trop tôt, et l'aspect visionnaire d'Ansermet commence à peine à être perçu.
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